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Lot 95 - Paire de pistolets de récompense donnés par le Directoire exécutif au Général [...]

Estimation : 30 000 € / 35 000 €

Adjugé 37 500 €


Résultats sans frais

Paire de pistolets de récompense donnés par le Directoire exécutif au Général Felix TENNET de LAUBADERE, par BOUTET, Directeur Artiste de la Manufacture de Versailles.
Canons à pans, bleuis, décorés à l’or, à la bouche, de filets, et aux tonnerres d’une grenade implosant dans des branches de lauriers, poinçonnés « LC », « NB » (Nicolas BOUTET) et « BC ». Les pans supérieurs des canons sont signés « BOUTET DIRECTEUR ARTISTE ».
Platines signées « BOUTET DIRECTEUR » « MANUF A VERSAILLES » et chiens col de cygne à corps plats, ressort à roulettes et batteries gravés de frises de feuillages et motifs rayonnants. Lumières cerclées d’or.
Vis de réglage de sensibilité des détentes.
Garnitures en fer poli, pontets décorés de frises de fleurs et motifs végétaux. Calottes ornées d’un visage rayonnant. Vis gravées de fleurs.
Baguettes en bois à embout en ivoire. Pastilles de baguettes et passants de baguettes à pans, en fer poli blanc.
Montures en noyer sculpté. Crosses finement quadrillées, avec plaques d’attribution en argent, incrustées sur les dos et gravées « Le Directoire Exécutif au Général F.Laubadère »
B.E. (Réparation à un chien) Epoque Directoire (vers 1798). Germain-Félix Tennet de LAUBADERE (1749-1799) général de division né à Bassonnes. Laubadère entra au service en 1773, il fit ses premières armes en Amérique avec le régiment du Gâtinois, où il était sous-lieutenant. Après s'être signalé dans deux combats sur mer, à bord de l'Annibal et du Destin, et avoir déployé la plus grande valeur à la prise des îles Turques, au siège de Pensacola et d'Yorck, il revint en France, où il fut fait capitaine en 1788, au 18e régiment d'infanterie de ligne, ci-devant Royal d'Auvergne. Il était allé rejoindre ce corps à Calais, lorsqu'un événement imprévu lui fournit l'occasion de faire briller une grande fermeté de caractère et une admirable présence d'esprit. On annonce un soir que les grenadiers du régiment viennent de déserter avec armes et bagages : Laubadère se précipite sur leurs pas, il les atteint aux portes de la ville, et apprend d'eux que leur mécontentement provient des mauvais traitements que leur fait éprouver le major. Il les harangue dans l'espoir de les faire rentrer dans le devoir ; mais leur parti est pris, ils veulent continuer leur marche sur Dunkerque pour gagner les terres de l'Empire. « Eh bien, leur dit-il, puisque vous insistez, nous déserterons ensemble ; je ne consentirai pas à me séparer de braves gens tels que vous. » Aussitôt, feignant de partager leur mécontentement, il se met à leur tête. A quelque distance de là il se fait indiquer une fausse route, et au point du jour, il les ramène, sans qu'ils s'en doutent, sous les murs de Calais. Les soldats sont d'abord surpris de se retrouver au point d'où ils étaient partis. Laubadère profitant de l'étonnement dans lequel ils sont, leur peint alors toute l'énormité de leur faute. « Mes amis, leur dit-il, les vingt-quatre heures ne sont pas expirées, nous pouvons encore revenir sous les drapeaux du roi, et ne pas flétrir une compagnie qui fut toujours guidée par l'honneur. » Ce discours les touche, mais une crainte les retient encore, ils appréhendent d'être traités comme déserteurs : Laubadère a bientôt levé ce dernier obstacle, en leur donnant par écrit l'assurance qu'aucune punition ne leur sera infligée. Pleins de confiance dans la loyauté de cet officier, ils rentrent avec lui dans la place, dont le commandement reçut, peu de jours après, du ministère de la guerre, une lettre ainsi conçue : « Le roi confirme la parole de M. de Laubadère, et me charge de lui témoigner sa satisfaction. » En 1791, Laubadère, à la tête de la même compagnie de grenadiers, réussit à comprimer deux émeutes qui éclatèrent successivement dans Calais. Le courage qu'il déploya dans ces deux circonstances difficiles lui concilia l'estime et la reconnaissance des habitants. Peu de temps après il reçut la croix de Saint-louis. Nommé lieutenant-colonel en 1792 dans le 12e régiment d'infanterie de ligne, il ne tarda pas à être fait colonel, et ce fut en cette qualité qu'il commanda dans l'armée de la Moselle le 30e régiment de ligne avec lequel il se trouva constamment à l'avant-garde. Promu au grade de maréchal-de-camp, les citoyens de Calais, qui n'avaient pas perdu le souvenir des services qu'il leur avait rendus, le demandèrent pour commandant. « Le conseil exécutif, leur répondit le ministre de la guerre, pense que les talents militaires de cet officier sont plus utiles à l'armée, où il est employé d'une manière active. » Le 9 juin de la même année, à la glorieuse affaire d'Arlon, Laubadère fut grièvement blessé en chargeant avec intrépidité à la tête d'une colonne d'infanterie. Sa conduite distinguée, dans cette bataille qui préluda, pour ainsi dire, à cette longue série de victoires remportées par les Français, lui valut le grade de général de division. Appelé, sur la recommandation de son ami le général Pichegru, au commandement de la 12e division militaire, Laubadère termina son honorable carrière le 7 août 1799, à Rouen, où sa modération et sa bonté l'avaient fait généralement estimer. Tous ceux qui l'avaient connu, le regrettèrent. Calais et Rouen, ces deux grandes cités, qui à des époques différentes, avaient apprécié les vertus de ce guerrier, recommandèrent au gouvernement sa veuve et sa fille, à qui il ne laissait pour héritage qu'un nom que l'on citera toujours parmi les plus glorieux.
M. MOLIÈRES et N. GRIFFON de PLEINEVILLE, Dictionnaire des Braves de Napoléon, Paris, LCV, 2004
Expert: M. Jean-Claude DEY

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Thème : Armes, Militaria, Chasse Ajouter ce thème à mes alertes